La fillette crie dans la nuit

C’était une nuit sombre, de celle dont la lune a retrouvée le soleil de l’autre côté de l’hémisphère.

Dernier train de banlieue, puis parcours pédestre pour rentrer au chaud en cette nuit qui était en période de fin d’hiver.

Trappes, montrée du doigt comme banlieue à risque, et souvent avec déchaînement et insistance de certains médias, délinquance, violence, dégradation, chômage, sont les points récurrents, l’insécurité est maître d’oeuvre, quotidienne.

La traversé de barre HLM pendant ce parcours de retour au domicile est une option permettant d’éviter un détour par les rues éclairées, le compromis est le passage
par des endroits dépourvus d’éclairage ou encore défectueux.

Plusieurs personnes optent quotidiennement pour cette solution, il n’est pas rare de former une chaîne d’expédition nocturne, chacun à son allure, sans un mot.

C’est sur ce parcours, lors d’une nuit noire, profonde et calme, au détour d’un parking sombre, entre deux barres HLM, que des silhouettes de quelques personnes se dessinaient au loin, dans l’obscurité.
Cinq ou six individus, marchant ensemble, rien d’anormal.

Sur leur parcours, poursuivant chacun son chemin, ils disparurent entre les barres de béton.

Un homme devant moi, qui m’avait emboîté le pas depuis la gare, continuait également son chemin.

Soudain, un cri strident,
une fillette probablement à l’écoute du timbre, les échos entre les murs de bétons rendirent non facile le repérage de cette source, cela
ressemblait à un appel à l’aide, que ce passait-il, toutes les hypothèses se bousculent alors dans l’esprit.

Pour amener un peu de piments à la situation, les silhouettes des personnes marchant en groupe précédemment firent leur apparition entre les barres, en
courant à vive allure, en groupe, de plus en plus vite, inquiètent et non rassurant.

Avec l’homme précédent ma marche, on se détourna du chemin initial pour s’approcher du lieu d’où venaient les cris.

La direction était la même que celle prise par le groupe d’individus, qui au vus de l’allure et de la prestance devait être une bande de jeune.

Les cris deviennent moins puissants, on distingue une voie de femme adulte en sus, puis un attroupement au bas de l’une des entrées des barres de bétons se distingue, parmi ceux-ci la bande de jeune venue précipitamment.

La situation se précise, tout le monde se disperse et reprend ses activités ou chemin.

C’était bien une fillette qui criait dans la nuit,
cette dernière avait un différent avec sa mère pour rentrer et s’exclamait à vive voix,
renforcée par la résonance des murs extérieure et de la nuit,
la bande de jeune était accourue en entendant les cris de la gamine pour lui porter assistance.

Ce n’est pas une situation qui sera médiatisée, et pourtant cela reflète un certain quotidien, réel.

Evidemment on peut extrapoler en se demandant ce qui serait arrivé si une agression avait eu lieu sur une fillette, avec certitude la bande de jeune aurait intervenu, avec des conséquences certainement, peut-être même que l’on aurait simplement retenu au final l’agression d’une ou plusieurs personnes par des jeunes.

Mais ce soir là, c’est simplement un comportement humain de jeune, que ne fera jamais la une des médias.

CB
texte original « la fillette crie dans la nuit » du 30 mars 2006 posté sur le blog rmc.fr BelFeGore, tous droits réservé © Christian Belala

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